LE
BOULANGERCe personnage aurait été créé par Lagnel. Ce serait un des premiers santons de nos crèches. Il représente la vie, car avec du pain, on ne meurt pas de faim. Du XVI e au XIXe siècle, on travaille pour gagner son pain.
C'est la nourriture sacrée que l'on ne partage pas sans l'avoir signée. On l'entoure de précautions qui frisent la superstition. On ne le pose jamais à l'envers sur la table parce qu'on le signe de l'autre coté et que, si on le pose sur la crète, coté non protégé, des mauvais esprits risquent de l'investir.
Le pain ne se coupe pas mais se rompt. C'est à ce geste que les disciples reconnurent Jésus ressuscité. C'est aussi le pain qui est transformé en Corps du Christ lors de l'Eucharistie.
On laisse toujours un morceau de pain pour le pauvre que l'on appelle " la part de Dieu " . D'autres morceaux sont mis dans les armoires pour protéger la maison de la foudre. Quand aux pêcheurs, ils en ont toujours quelques miettes sur eux pour les jeter à la mer en cas de tempête.
Comme pour les autres santons, le costume du boulanger varie suivant les époques. Au XVIIIe, il porte la culotte et les guètres de grosse toile ou les bas de laine tricotés. Au XIXe, son pantalon est long. Tous les deux ont une chemise blanche à col ouvert, les manches roulées jusqu'au coude et un court tablier blanc noué à la taille. Pour sortir il met un gilet sans manche en cotonnade unie. Il a toujours un bonnet sur la tête par mesure d'hygiène . Sur ses épaules, il porte une couffe, panier très profond contenant ses pains tout frais. L'origine du mot paner vient du mot latin panariun qui veut dire pain.
C'est durant la veillée d'avant Noël que se font cuire les pompes à huiles, indispensables pour faire les treize déserts provençaux. Elles sont aussi appelées fougasse que le boulanger, ou l' Orante ou encore Pistachié viennent apporter le matin de Noël.
On les trouve aux olives, au beurre, aux gratelons, à l'enchois lorsqu'elles sont salées. Sucrées, elles sont parfumées à l'eau de fleur d'oranger à Aix, aux zestes d'orange, à l'anis dans le Var et à Marseille.